Certaines me demandent ce qui m'a attiré vers le patchwork ; autant, alors, en faire un billet.
D'abord les couleurs. Les harmonies de compositions assemblées. Mais ça, me dit-on, ce pourrait être la peinture ? Oui, mais la peinture m'intéresse aussi.
Le patchwork, c'est parfois, en tissu, un tableau figuratif ou abstrait, accroché dans une entrée, un couloir, un salon, une chambre, comme une tapisserie.
Les textiles, en général, m'attirent ; ma formation professionnelle s'étant faite, d'abord, dans ce domaine : filature, tissage, blanchiment, teinture, impression en coton, lin, ramie, chanvre et jute.
Les vicissitudes de la vie m'ont obligé à changer de secteur d'activité, mais mon cœur est resté dans le textile ;
ça vaut pour les expositions de patchwork, dont la saturation est évitée par l'imagination, la créativité et le savoir-faire, sans cesse renouvelé par les quilteuses de qualité.
Et puis, il y a la fascination de la fabrication à la maison, du patchwork composé d'un top (la façade), d'un molleton et d'une doublure, le tout assemblé avec l'art du quiltage (les très astucieuses coutures croisées), grâce aux doigts de fée de mon épouse Charlotte et les fabrications collectives, lors des journées de l'Amitié.
Ah ! Les journées de l'Amitié !
Dans des salles municipales changeantes, prêtées ou louées, s'improvisent des ateliers, à 4 ou 5 quilteuses par table sur une douzaine de tables (ou plus).
La mise en place est laissée au choix des affinités électives.
On y trace, coupe, découpe, assemble des blocs qui se regrouperont, à la manière d'un puzzle, en fin de journée, dans des réalisations thématiques. La récompense du travail en commun, fini ou à finir, étant souvent offert à l'une d'entre elles, par tirage au sort.
L'arrivée de chaque quilteuse provoque embrassades et thé ou café, chouquettes ou/et croissanterie à la clé.
Chacune a été chargée d'apporter à manger ou à boire, la répartition étant organisée à l'avance, en salé-sucré. Ce qui me fait dire que, là où elles se posent se créé, ipso-facto, le meilleur "gastos" du coin ! Car les quilteuses sont aussi des cuisinières inspirées, rompues au travail bien fait.
Il n'y a pas à dire, elles ont tous les dons ces femmes !
Alors, bien sûr, je suis comme un coq en pâte !
Je parlais d'affinités électives et cela m'amène à évoquer une autre attirance du patchwork qui agit fortement sur moi : il s'agit de l'esprit patchwork.
Qu'est ce que l'esprit patchwork ?
Il suffit de les observer travailler en bonne harmonie, se former, former à leur tour, s'entraider, se dépanner d'un bout de tissu, d'un fil, d'une aiguille, d'une planche graduée, d'un roller, d'une machine à coudre, s'échanger des modèles, des gabarits, des patrons, etc...
Puis, se sustenter dans la joie et la bonne humeur, pour comprendre que la jounée de l'Amitié porte bien son nom.
Dans la joie et la bonne humeur, je n'ai pas dis en silence, travail ou repas, certes pas ! mais on n'est pas dans un couvent non plus !
J'ai l'air de brosser un tableau idyllique, j'en conviens.
Bien sûr, il est dans la nature humaine d'avoir des qualités et des défauts et toute société humaine n'en est pas exempte.
Aussi, il y a bien, de temps en temps, quelques vaguelettes qui viennent défriser la surface, mais, le calme revient bien vite, (c'est l'ancien scout marin qui surnage !), dans les têtes et surtout dans les cœurs, car, l'esprit patchwork est insubmersible et n'offre guère de prise dans son ensemble étale.
Je pense avoir compris que ces journées de l'Amitié sont vraiment appréciées par les quilteuses qui y retrouvent leurs copines de patch et qui, ainsi, laissent à la maison ou à leur travail, leurs soucis ordinaires, pour une halte, dans ce jardin extraordinaire (parfois au sens propre) du patchwork .
Que toutes les dévouées organisatrices (très efficaces) et toutes les charmantes quilteuses du patchwork de l'Amitié, en soient remerciées.
Que Dieu vous garde.